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Mireille Berret

23 juin
4 min de lecture

Après avoir travaillé 33 ans à l’école alsacienne en tant que professeure de musique au petit collège, Mireille Berret part à la retraite. Mais elle n’y a pas fait toute sa carrière. Avant, quand elle avait 18 ans, elle travaillait avec une grande professeure de piano, Lucette Descaves, qui lui confiait un ou deux enfants. Plus tard, elle est devenue musicienne intervenante dans une école du 17e et elle a créé sa propre association, les «  Apprentis Musiciens », car elle a toujours aimé la liberté pédagogique. Un jour, une mère d’élève lui a dit : « Mireille, vous travaillez bien, il y a un poste qui se libère comme professeure de musique à l’école Alsacienne. »

Elle lui a dit : «  Ben non, j’y arriverai jamais… », et pourtant, elle a été prise. Maintenant qu’elle part, elle n’est pas vraiment triste. Pour elle, être triste de partir n’est pas l’adjectif qui conviendrait. « On pense un peu au passé, on a une petite nostalgie, un petit regret, mais je ne vais pas pleurer tout les jours non plus. ”. Ce qui va le plus lui manquer, c’est le contact avec les enfants. « Mon truc, c’est l’enfance. J’adore ça, je crois que je sais parler à l’enfance. ». Pendant sa retraite, elle va retravailler des chansons faites avec les élèves du primaire. 


Ses compositeurs favoris : 

Ça va de compositeur actuel comme Benjamin Clementine ou Jon Baptiste, un pianiste, à Jean Sébastien Bach. «  Tous les matins je joue un Bach, un peu comme une manière d’entrer dans la journée ! ». Elle aime le concerto en sol de Ravel. «  C’est une espèce de voyage qui t’emmène…j’adore la musique française ! »


Les petites anecdotes :


1 : «  Un jour, un petit me dit :

  • On va s’enrouler dans ta voix !

C’est beau, c’est poétique ! »


2 : « J’ai eu Bruno Rosenthal comme élève, et maintenant il est professeur. Ça me fait une bascule quand je le vois jouer ou diriger… Pour les 150 ans de l’école, il m’a aidé à diriger. C'était mon élève et je trouve ça très intéressant que ce soit lui qui m’apprenne ! »


3 : « Pour les élèves de 8e et de 7e, j’aime bien que ce ne soit pas moi qui commence la séance, je fais donc des « artistes du jour ». Ça peut être assez classique : un élève amène son instrument, il le présente et il joue une œuvre, à une date prévue à l’avance. Mais un jour j’ai un élève arrive, s’installe au piano, ferme le clavier et attend une minute dix, comme dans le John Cage. Il voulait faire prendre conscience aux autres que tout était musique, même le silence. Ils ne comprenaient pas, car dans l’enfance on a besoin de choses conquêtes et réelles, mais moi je trouve ça très intéressant. »


Les conseils pour son remplaçant :

« Je pense qu’il n’y a rien à dire à quelqu’un qui arrive. Tout ce que je conseille, c’est la liberté. »


«  Être prof, c’est comme le vin ; plus tu viellis, meilleur tu deviens ! »

Mireille Berret 


Après avoir travaillé 33 ans à l’école alsacienne en tant que professeure de musique au petit collège, Mireille Berret part à la retraite. Mais elle n’y a pas fait toute sa carrière. Avant, quand elle avait 18 ans, elle travaillait avec une grande professeure de piano, Lucette Descaves, qui lui confiait un ou deux enfants. Plus tard, elle est devenue musicienne intervenante dans une école du 17e et elle a créé sa propre association, les «  Apprentis Musiciens », car elle a toujours aimé la liberté pédagogique. Un jour, une mère d’élève lui a dit : « Mireille, vous travaillez bien, il y a un poste qui se libère comme professeure de musique à l’école Alsacienne. »

Elle lui a dit : «  Ben non, j’y arriverai jamais… », et pourtant, elle a été prise. Maintenant qu’elle part, elle n’est pas vraiment triste. Pour elle, être triste de partir n’est pas l’adjectif qui conviendrait. « On pense un peu au passé, on a une petite nostalgie, un petit regret, mais je ne vais pas pleurer tout les jours non plus. ”. Ce qui va le plus lui manquer, c’est le contact avec les enfants. « Mon truc, c’est l’enfance. J’adore ça, je crois que je sais parler à l’enfance. ». Pendant sa retraite, elle va retravailler des chansons faites avec les élèves du primaire. 


Ses compositeurs favoris : 

Ça va de compositeur actuel comme Benjamin Clementine ou Jon Baptiste, un pianiste, à Jean Sébastien Bach. «  Tous les matins je joue un Bach, un peu comme une manière d’entrer dans la journée ! ». Elle aime le concerto en sol de Ravel. «  C’est une espèce de voyage qui t’emmène…j’adore la musique française ! »


Les petites anecdotes :


1 : «  Un jour, un petit me dit :

  • On va s’enrouler dans ta voix !

C’est beau, c’est poétique ! »


2 : « J’ai eu Bruno Rosenthal comme élève, et maintenant il est professeur. Ça me fait une bascule quand je le vois jouer ou diriger… Pour les 150 ans de l’école, il m’a aidé à diriger. C'était mon élève et je trouve ça très intéressant que ce soit lui qui m’apprenne ! »


3 : « Pour les élèves de 8e et de 7e, j’aime bien que ce ne soit pas moi qui commence la séance, je fais donc des « artistes du jour ». Ça peut être assez classique : un élève amène son instrument, il le présente et il joue une œuvre, à une date prévue à l’avance. Mais un jour j’ai un élève arrive, s’installe au piano, ferme le clavier et attend une minute dix, comme dans le John Cage. Il voulait faire prendre conscience aux autres que tout était musique, même le silence. Ils ne comprenaient pas, car dans l’enfance on a besoin de choses conquêtes et réelles, mais moi je trouve ça très intéressant. »


Les conseils pour son remplaçant :

« Je pense qu’il n’y a rien à dire à quelqu’un qui arrive. Tout ce que je conseille, c’est la liberté. »


«  Être prof, c’est comme le vin ; plus tu viellis, meilleur tu deviens ! »


Mireille Berret photo de l'EA

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