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Hommage à Christian Pineau, fondateur du mouvement Libération-Nord et signataire du traité de Rome


Méconnu, Christian Pineau (1904-1995) est pourtant un homme qui a beaucoup compté pour la France et pour l’Europe. La mémoire de ce grand homme, ancien élève de l’Alsacienne, est honorée grâce à une cérémonie qui se déroule à l'École : la transmission du drapeau de Libération-Nord entre les élèves de Seconde et de Troisième, le 7 mai, jour de la reddition de l’Allemagne nazie, annoncée le lendemain à tous les pays européens. Le 27 mai, journée nationale de la Résistance, en souvenir de la première réunion du Conseil national de la Résistance, un comité de l'EA et diverses personnalités lui rendent hommage en se rendant à sa tombe, au Père-Lachaise.


Christian Pineau (1904-1995), ancien élève, fondateur du mouvement de Résistance Libération-Nord et signataire du traité de Rome de 1957 qui instaura la Communauté économique européenne (CEE)


Christian PINEAU, cofondateur de Libération-NOrd, en 1945
Christian PINEAU en 1945

La Résistance a joué un rôle capital dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Christian Pineau (1904-1995) en a fait partie. Après des études à l’Ecole alsacienne de 1914 à 1923, à la Faculté de Droit de Paris et à l’Ecole libre des sciences politiques, il a entamé une carrière à la Banque de France. Étant devenu militant syndicaliste non communiste, il a exercé une influence primordiale dans la Résistance en rédigeant un journal clandestin, Libération, édité entre 1940 et 1944 pour contrer la propagande de Vichy et de l’Allemagne nazie. Cofondateur du mouvement de résistance “Libération-Nord”, Christian Pineau, alias Francis ou Garnier ou Grimaud, a été reçu par le général de Gaulle et a rejoint ainsi la France Libre en mars 1942. Arrêté par la Gestapo, il a été interrogé par Klaus Barbie à Lyon. Il a été l’un des derniers résistants à voir Jean Moulin en vie. Christian Pineau a été déporté ensuite au camp de Buchenwald, en Allemagne, de décembre 1943 à 1945.


A la fin de la guerre, il est rapatrié à Paris et entame alors une carrière politique. Député, il a été nommé à plusieurs reprises ministre dont : du ravitaillement, des Travaux publics, des Transports et du Tourisme, des Finances et des Affaires économiques, et des Affaires étrangères. C’est dans le cadre de cette dernière fonction qu'il participe à la construction de la Communauté économique européenne (CEE), étant cosignataire du Traité de Rome de 1957 au nom de la France. Comme dit Jean Monnet « Il n'y a d'avenir pour les Européens que dans l'union ».


Christian Pineau a reçu plusieurs décorations dont celle de Grand officier de la Légion d’honneur,  Grand-Croix de l’Ordre de Léopold de Belgique, Compagnon de la Libération et médaille de la Résistance avec rosette.


La cérémonie de la transmission du drapeau du mouvement de Libération-Nord le 7 mai à l'Ecole alsacienne


Drapeau de Libération-Nord
Drapeau de Libération-Nord

Le drapeau de Libération-Nord a été remis à l’Ecole alsacienne par Le Souvenir Français en avril 2023. Désormais, en mémoire de Christian Pineau et du mouvement de résistance qu’il a cofondé — Libération-Nord —, et dans le cadre des célébrations de la fin de la Seconde Grande guerre, une cérémonie de transmission du drapeau entre les lycéens de Seconde et collégiens de Troisième volontaires sélectionnés (En 2024, Chloé B., Emile G., Frédéric L.S.M., Ysé T.M.) a lieu devant le monuments aux morts, au sein de l'École, le 7 mai, sous le chant de La Marseillaise par les élèves de 7e (CM2). 


Cette cérémonie, qui commémore le premier acte de capitulation de l’Allemagne nazie, a été introduite par le président de l'Ecole alsacienne, Monsieur Alain Grangé-Cabane, et par le directeur de l'École, Monsieur Pierre de Panafieu. Ils ont mis en lumière l’importance du plus ancien des mouvements de résistance de la zone occupée, Libération-Nord, et a permis à tous de se souvenir des noms des morts pour la France mais aussi de ceux qui en sont rescapés. Plusieurs membres de l'École étaient présents dont Monsieur Brice Parent, directeur du Grand Collège, les professeurs d’histoire du Grand Collège, Monsieur Borrelli et Monsieur Chavaribeyre, le CPE des 3e, Monsieur Fabrejon, le directeur du Petit Collège, Monsieur Lechevalier accompagnant les élèves de 7e , des anciens élèves, le maire du 6e arrondissement de Paris Monsieur Jean-Pierre Charles Lecoq, entre autres.


L’implication d’élèves de chaque promotion promeut cette transmission si importante. Les élèves peuvent témoigner de “la fierté et de la joie qui ont été nôtre d’avoir l'honneur de transmettre l’Histoire de notre école, de notre nation”. Nous avons interrogé une ancienne porte-drapeau, Axelle M. : “Cette expérience est fabuleuse : on est fier d’avoir participé à  cette mission de mémoire que l’on sait très importante. Avoir été porte-drapeau en 2023 a été pour moi une expérience enrichissante. En plus d’avoir eu la chance de participer aux cérémonies officielles du 11 novembre et du 8 mai, j’ai rencontré de nombreuses personnes telles des élèves porte-drapeau venant d’autres écoles et de grandes personnalités qui présidaient les commémorations. J’ai également pris conscience de cette mission de mémoire qui nous a été confiée, et de ce devoir du souvenir, en rendant hommage aux soldats et aux résistants qui se sont battus pour notre pays pendant ces précieux jours.”


Ce fut la première cérémonie depuis 1948 ayant lieu devant  ce monument, qui vient d’être restauré pour le centenaire de son inauguration. Il se trouve à côté du canon rapporté de la place de la Concorde le 11 novembre 1918 par Monsieur Pierre Tissier, alors élève en 3e à l’Ecole alsacienne. Le prix d’histoire de 5e porte d’ailleurs son nom.


Selon Monsieur Pierre de Panafieu, il est fondamental que le feu de la Résistance ne s’éteigne pas entre les différentes générations d’élèves. Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de la transmission de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale.



Reims, le 7 mai 1945 : une date clé dans l’histoire

La fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe a été annoncée officiellement le 8 mai 1945 à 15h, en prévoyant l’arrêt définitif des combats à 23h01. Mais savez-vous que la date clé est en réalité le 7 mai ? Que se passe-t-il concrètement ce jour-là et pourquoi précisément à Reims ? 

Signature de la reddition de l'Allemagne, 7 mai 1945
Signature de la reddition de l'Allemagne, 7 mai 1945 ©Wikimedia Commons

Après le débarquement et toute l’opération Overlord, planifiée par le général Eisenhower, aka Ike, les villes occupées sont progressivement libérées, à l’instar de Paris en août 1944. Pourtant la guerre n’est pas finie. Reims devient un QG important, particulièrement à cause de sa proximité du front reculant vers l’Est. De plus, la ville dispose d’infrastructures ferroviaires, routières et une piste aérienne suffisamment développées. Les forces alliées, auparavant basées à Versailles, y sont transférées et sont installées dans un collège : le Collège Moderne et Technique (devenu lycée Roosevelt en mémoire du président américain décédé quelques jours avant la fin de la guerre). Pendant que les alliés se regroupent dans une partie du collège, les élèves continuent de recevoir leurs cours par des professeurs dévoués dans la moitié arrière du bâtiment.


Le IIIe Reich étant très fragilisé, Hitler met fin à ses jours dans son bunker berlinois le 30 avril 1945 et, dans son testament, désigne comme successeur le grand amiral Dönitz. Dans un premier temps, celui-ci tente un double jeu : l’arrêt des combats à l’Ouest mais leur poursuite à l’Est, ce que Eisenhower refuse. Dönitz confie au général Jodl, chef d’Etat-major de l’armée, la mission de se rendre à Reims et d’essayer une nouvelle négociation. Or, celui-ci n’a eu d’autre choix que d’accepter les conditions imposées par les alliés, à savoir une capitulation complète sur les fronts Est et Ouest. La reddition totale et sans condition de l'Allemagne nazie a donc en vérité eu lieu à 2h41 du matin, le 7 mai 1945, dans la salle des cartes — la War Room — du collège. Staline faisant pression, la reddition a été ratifiée le 9 mai (fuseau horaire de Moscou) dans une zone occupée par l’armée rouge, dans la banlieue de Berlin. En France, la fin de la Seconde Guerre est commémorée le 8 mai, jour de l’annonce et de l’arrêt définitif des combats. La Russie privilégie le 9 mai pour célébrer le “Jour de la Victoire”.


Toutefois, même si l’Allemagne a capitulé et que les combats ont cessé en Europe, la guerre entre les Etats-Unis et le Japon continue dans l’océan Pacifique. Ce n’est qu’après les terribles bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, en août 1945, que le Japon capitule, marquant la fin définitive du conflit.


Le 27 mai, journée nationale de la Résistance : hommage devant la tombe de Christian Pineau au Père-Lachaise

Le 27 mai a été choisi en souvenir de la première réunion du Conseil national de la Résistance, instance fondée par Jean Moulin. Elle eut lieu dans l’appartement de René Corbin, rue du Four Paris 6e, non loin de la maison de Christian Pineau qui habitait rue de Verneuil Paris 7e.

Les élèves porte-drapeau, en compagnie du directeur de l’Ecole alsacienne, Monsieur Pierre de Panafieu, se sont rendus au cimetière du Père-Lachaise, devant la tombe de Christian Pineau pour un hommage officiel. Notre comité était accompagné par plusieurs personnalités : Madame Marcjanna Marcinkowski-Couturier, la présidente de Libération Nord, Monsieur Serge Barcellini, président du Souvenir Français, Monsieur Epency Epara Epara, adjoint au maire du 20e arrondissement, Monsieur Jean Rol-Tanguy, président du Comité parisien de la Libération, fils de Henri Rol-Tanguy chef régional des FFI lors de la Libération de Paris.  La délégation des élèves du Lycée français de Tokyo est conduite Monsieur Matthieu Séguéla professeur d’histoire et délégué général du Souvenir français au Japon. 



Graffiti tient à rendre hommage à ce grand homme aujourd’hui. 


Frédéric LUCAUSSY SVIATOPOLK-MIRSKY

Elodie YUNA NGUYEN-KANG

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