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Charlie Kirk et comment l'extrême droite instrumentalise même la mort

L’assassinat de Charlie Kirk le 10 septembre 2025 est tragique, mais aussi un cri de ralliement d’une extrême droite américaine se plaçant comme victime de menaces contre la liberté d’expression.


Le 10 septembre 2025, un coup de feu résonne dans le campus de l’université Utah Valley, à Orem dans l'État de l’Utah aux États-Unis. La balle atteint la nuque de Charlie Kirk, transporté immédiatement à l’hôpital. Quelques heures plus tard, le président des États-Unis Donald Trump annonce le décès de Kirk sur son réseau Truth Social. 


Charlie Kirk, c'est le fondateur de l’organisme politique conservateur Turning Point USA. C’est un influenceur et orateur qui diffuse ses débats contre des étudiants en ligne. C'est un fervent défenseur du mouvement pro-life, contre toute forme d’avortement. C'est la figure de proue d’une extrême droite américaine MAGA – Make America Great Again – proche de Donald Trump et idolâtrée par des jeunes attirés par un renouveau du masculinisme. C’est aussi, plus ironiquement, un partisan du Second amendement de la Constitution américaine, celui garantissant le droit de posséder et de porter une arme.


Charlie Kirk martyrisé par les républicains aux États-Unis 


Tout d’abord, il faut avoir en tête une chose : Charlie Kirk n'était pas une célébrité au nom connu de tous. Il possédait bel et bien une aura d’influence importante, mais seulement au sein de certains groupes précis de la droite la plus conservatrice. Quand Donald Trump lui-même annonce son décès en ligne, c'est une surprise générale. Le choc de sa mort pour ses partisans, la surprise de la mention d’un nom presque inconnu pour la majorité des Américains. Mais dès l’annonce de disparition, des messages de condoléances et de soutien à la famille apparaissent sur les quatre coins du net. Le point commun entre tous ces messages : la présence imposante de la foi chrétienne. Trois jours plus tard, Erika Kirk, la veuve de Charlie Kirk, parle pour la première fois de la mort de son mari dans une vidéo soigneusement mise en scène. 

Illustration par Gabrielle BALENCY
Illustration par Gabrielle BALENCY

Dès lors, sa vie et sa disparition font toutes les unes, et les politiques s’en emparent. Le président Trump ordonne de mettre tous les drapeaux du pays en berne pour rendre hommage à Kirk. Le 21 septembre, une cérémonie d’hommage aux dimensions gigantesques réunit plus de 60 000 personnes, dont un grand nombre des géants politiques de la galaxie MAGA et ultraconservateurs. Le vice-président américain salue le rôle crucial de Charlie Kirk et de son organisme auprès des jeunes dans la victoire électorale de 2024. Donald Trump, ainsi que la grande majorité des intervenants sur scène, dénonce alors la menace grandissante de la violence envers la liberté d’expression.


Une situation contradictoire 


Cependant, en observant les actions du gouvernement et de Trump dans les jours qui suivent la mort de l’influenceur, des contradictions font surface. Le 15 septembre, Jimmy Kimmel commente, dans le cadre de son late-night show -- format de talk-show très populaire aux États-Unis, mêlant humour et interview -- le décès de Charlie Kirk et la récupération politique de celle-ci. Le 17 septembre, son émission est suspendue de l’antenne, suite à une déclaration du président de la Commission fédérale des communications américaine, sous les félicitations de Donald Trump, saluant cette décision comme “grande nouvelle pour l'Amérique”. L’émission est tout de même revenue à l’antenne le 23 septembre, suite à un scandale grandissant et difficilement gérable pour la maison mère de l'émission, Disney. Cette censure de la liberté des médias n’est cependant pas condamnée par Trump et ses partisans, et est même félicitée, alors que tous criaient à la menace à la liberté d’expression suite à l’assassinat de Charlie Kirk.




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