Owen Samama-Brault,

élève de 4e1 à l'Ecole alsacienne,

Paris, FRANCE

J’ai la chance d’habiter dans une résidence qui contient un jardin, que se partagent les 700 riverains. Cela permet de marcher un peu, et d’illustrer véritablement l’expression « tourner comme un lion en cage ». Sauf qu’un lion ne promène pas son chien et ne va pas faire ses courses. Aucune attestation ne l’aidera à sortir de sa geôle.

Peut-être certains Français prennent-ils ce confinement (dont nous ne percevrons les effets que dans 10 jours) trop à la légère. Nos hôpitaux sont au bord de la saturation, et de nombreux soignants lancent des appels à l’aide : ils n’en peuvent plus. C’est pourquoi je propose à chacun d’applaudir chaque soir, à 20h, à sa fenêtre. Cette action - en plus de renforcer la convivialité entre voisins -  permet de féliciter, remercier, aider à notre façon les personnels soignants, qui s’illustrent comme les héros de la nation ; et ce malgré la manque de masques et de gel hydraulique… euh… hydro-alcoolique.

Voyons les côtés positifs de ce confinement :

On peut se remettre à lire. Grand bonheur pour ma part d’avoir terminé avant-hier Berezina de

Sylvain Tesson.

Nous pouvons enrichir notre culture cinématographique. Grand bonheur également de savoir que ma famille a pu louer J’accuse.

Les Français vont arrêter de regarder des films en série grâce à la saturation des réseaux. Désillusion hier soir en apprenant que J’accuse ne pouvait être vu, un monde fou tentant en même temps que nous d’utiliser son téléviseur.

On voit toute l’utilité de FaceTime, Skype, et de ces nouvelles technologies parfois qualifiées « d’inutiles et sans intérêt ». Les plus récalcitrants s’y sont mis.

Passons maintenant à un sujet essentiel : le télétravail, possible dorénavant pour les collégiens, mater-

nelles, lycéens et élèves du primaire. Comme l’a dit un professeur, il s’agit en définitive du même mode

de travail que celui que nous adoptons en échange longue durée. C’est ainsi que l’on prouve l’utilité du

numérique comme outil scolaire. Classroom, Drive, Google Meet, que d’applications qui deviennent

essentielles à notre quotidien. Graffiti, dans sa constante volonté de satisfaire ses lecteurs, a ainsi mis

en place tout un système de réunion via Skype. Malgré l’inévitable difficulté pour certains (seulement

pour moi, en réalité) à dialoguer face à un outil qu’on pourrait presque qualifier de magique - un écran

reflétant sa propre personne ; ses interlocuteurs ; et qui permet aussi de communiquer par écrit -, nous

avons réussi à sortir un numéro à la fois inhabituel et, je l’espère, réconfortant. Vous l’avez entre les mains ou sur votre appareil numérique.

Et puis viennent les médias, indispensables pendant une telle période. C’est une joie d’être réveillé tous les matins par FranceInfo ; mais une désolation de voir que certains journalistes, ayant ratés leur vocation de cerbère, se croient obligés de faire des généralités qualifient tous les Français sans distinction d’inconscients ou de récalcitrants. Ils voient facilement la paille dans l’œil du voisin, sans voir la poutre qui est dans le leur. J’écoutais justement Maxime Le Forestier, invité d’Élodie Suigo. Il nous rappelait affablement que toute chose a une fin. Je ne pus m’empêcher de penser qu’il avait raison, mais que ce raisonnement pouvait finalement s’appliquer à toutes choses : la série Mission Impossible s’arrêtera un jour, les animaux non-humains cesseront un jour d’être considérés comme des objets, Graffiti ne sera un jour qu’un vieux souvenir.

© Atelier Journal "Graffiti" 2019/2021

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