Benjamin Crotioru,

Professeur à l’université de McGill, Québec, CANADA

Graffiti : Benjamin, où êtes-vous confiné ?

Benjamin Crotioru :  Au Québec, on est pas confiné, mais presque tout est fermé donc le résultat est le même. Cependant il n’y a pas eu les même mesures en France. Quand je regarde le nombre de cas en proportion de la population, j’observe qu'on a on a 8 à 10 jours de retard par rapport à la France concernant l'évolution de l'épidémie. Ça commencé à être pris au sérieux à partir de jeudi 12 mars :  jeudi ils ont annoncé que les gens qui étaient rentrés de voyage devaient s'isoler obligatoirement pendant deux semaines. Vendredi 13 mars il a été annoncé que toutes les écoles, garderies, crèches et universités étaient fermées, (mais en pratique c’était un peu plus tôt -par exemple la garderie de mon fils nous a lancé un message jeudi 12 pour dire que tout était fermé) pendant deux semaines. Les cours dans mon université auront lieu en ligne. On ne sait pas quand les cours en personne reprendront, mais a priori pas avant un bon mois.

Les restaurants ont le droit de rester ouvert mais seulement à 50 % de leurs capacités, ce qui fait que normalement les clients sont au moins à 1 mètres de distance les uns des autres, et qu’il y a moins de clientèle. Mais en réalité, en me promenant, j’ai vu que beaucoup de restaurants étaient déjà fermés.

Donc moi, je reste à la maison, en allant parfois me promener ou faire des courses, en prenant soin de bien rester à distance des gens.

 

G : Préférez-vous travailler de chez vous, ou bien aller au travail ?

BC : Ça dépend quel aspect du travail : pour les réunions je préfère internet, pour des raisons simples ; par exemple, je peux me lever comme bon me semble, il me suffit de couper la caméra. Et je trouve qu’on est vraiment plus efficace comme ça.

 

G : Est-ce que vous avez peur de la Covid-19 ?

BC : Pas de la Covid-19 elle-même, mais j’ai vraiment peur que le système hospitalier soit débordé, et que si l-on attrape autre chose, on ne puisse être soigné.

 

G : Quand pensez-vous que cette situation va s’arrêter ?

BC : Je pense que personne n’est aveugle : que cette situation va durer au moins un mois, si ce n’est plus. Au Québec, je pense que ça ira relativement mieux qu’en France car les mesures ont été prises plus tôt.

 

 

G : Merci d'avoir répondu à nos questions !