Les Petits Carnets de Graffiti : La Tanière, le zoo-refuge de l’espoir

"Un homme cruel avec les animaux ne peut être un homme bon". Cette citation est de Gandhi. Mais alors, des hommes attentionnés envers les animaux peuvent-ils être détestables ? La question mériterait réflexion. Toujours est-il qu'il existe tous types de personnes, et que quand quelqu'un fait du mal à un paisible animal, l'intervention d'humains dévoués est nécessaire pour que justice soit rendue et qu'une vie nouvelle soit proposée à l'animal. Ce sont justement des humains de la deuxième catégorie qui sont à l'origine de la destination touristique que nous allons vous présenter.


La Tanière, c'est un projet hors du commun mené par Patrick Violas et sa femme Francine. Elle, fille de boulangers et d'éleveurs, l'a rencontré quand il avait dix-huit ans. Lui, titulaire d'un bac agricole, est connu pour avoir créé en 1990 la société de téléphonie mobile Cinq sur Cinq. Au bout de vingt ans, il possédait un véritable empire des télécommunications, mais a pris avec son épouse une décision radicale : abandonner le milieu des affaires pour se consacrer à leur passion, à savoir le sauvetage des animaux.


Ils créent en 2010 la Ferme pédagogique de la Renaissance, à Nogent-le-Phaye, près de Chartres (Eure-et-Loir). Ce lieu à statut associatif se transforme en quelques années en un projet plus abouti : le Zoo-refuge de la Tanière. Ce lieu accueille très vite des centaines d'animaux qui ont une particularité : ils ont tous été secourus quand ils étaient blessés, recueillis alors qu'ils étaient abandonnés, ou saisis à des particuliers voire à des professionnels les ayant maltraités. Ainsi, certains sont d'anciens animaux de cirque, d'autres sont issus de trafics illégaux, et quelques pensionnaires de La Tanière ont été sauvés des laboratoires de recherche médicale.


Chaque animal présent à La Tanière a vécu des choses bien particulières, qui font de lui sa singularité. Aucun parc zoologique en France n'a entre ses grilles autant d'histoires, souvent très tristes, qui accompagnent les gestes de chacun de ses habitants. Voici quelques pensionnaires et leur passé, rescapés pour certains des affres d'une vie à l'atrocité monstrueuse :


Cannelle, Ruffio, et tous les autres macaques sauvés d'un laboratoire de recherche scientifique. Ils ont passé les premières années de leur vie en cage et n'ont vu la lumière du jour qu'à vingt ans pour certains.


Léo et Zampa, deux lions sans crinière - en raison de castrations alors qu'ils n'étaient que de tendres lionceaux - et dégriffés, qui étaient condamnés à se faire prendre en photographie par des touristes sur des plages d'Espagne et dans des boîtes de nuit.


Juan et Pacco, deux perroquets aras saisis alors qu'ils étaient en détention dans un établissement illégal, à l'intérieur de minuscules cages ne leur permettant pas de voler. A leur arrivée au zoo-refuge, leurs ailes étaient très abîmées.



Isabella et Xena, deux tigresses abandonnées au Portugal qui souffraient de maigreur en arrivant à la Tanière, mais qui ont repris des forces depuis. Elles s'entendent assez mal entre elles, ce qui a poussé l'équipe du zoo-refuge à les mettre dans deux enclos séparés.


Gipsy, une chamelle très âgée au passé de circassienne qui souffre au quotidien d'un handicap : après une mauvaise chute et une fracture du genou, ses propriétaires l'ont cédée à la Tanière ; mais malgré les soins vétérinaires qui lui ont été prodigués, elle ne peut plus articuler l'une de ses pattes et a parfois besoin d'une prothèse pour se déplacer.


La Tanière n'a aucun but lucratif. Les trente soigneurs animaliers et vétérinaires sont bénévoles et donnent de leur temps avec passion pour s'occuper des 600 animaux qu'abrite le parc. Ce zoo-refuge est unique en France et ne peut exister sans l'incroyable dévouement de personnes ordinaires ayant soif de relever des défis extraordinaires. Le parc n'est actuellement pas ouvert en raison des mesures gouvernementales. Pour faire un don : https://lataniere-zoorefuge.fr/sinformer/fond-dotation/.

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